Marmott’asana : 8 mois de yoga

Marmott’akoi? Mais qu’est-ce que tu es encore allée nous chercher comme titre?

Pas de panique ! Asana, c’est un mot sanskrit, ça veut tout simplement dire, entre autre, « posture ». Quand on pratique le yoga, la plupart des postures sont désignées par leur nom sanskrit et se terminent par asana. Par exemple, cette petite grenouille est assise en position du lotus, « padmasana ».

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N’est-elle pas trognonne ?

Après cette intéressante leçon de linguistique, revenons à nos moutons. Quand j’ai commencé les cours de yoga il y a deux ans, dans une vraie salle de yoga avec une vraie prof (par opposition à « devant mon ordi dans mon salon », on y reviendra après), j’y allais bercée par plein d’idées préconçues, entendues pendant des années avant que je décide finalement de me lancer:

  • Pour faire du yoga il faut être hyper souple* : oui, mais non. Il y a plein d’exercices qui permettent de travailler sa souplesse, mais ce n’est pas une fin de soi. Au contraire, ne pas être très flexible permet aussi de travailler sur son mental et sur son lâcher prise (j’ai mis quelques mois à comprendre que si malgré mes 20 ans de danse, mon nez ne touchait pas mes genoux lorsque je me penchais en avant, ce n’était pas grave!). On apprend aussi rapidement à mieux se positionner, à écouter son corps et à savoir quand s’arrêter. Et puis on a une grande marge de progression, c’est encourageant, d’autant que le but du yoga, c’est plus de s’améliorer que d’avoir vraiment le nez qui touche les genoux, en fait (même si c’est un bonus non négligeable!)
    * Mention spéciale aux messieurs qui ne peuvent pas s’empêcher de faire des remarques du type « oh, tu fais du yoga, tu dois être suuuuuuper souuuuuple », avec moult haussements de sourcils et de sourires narquois, des fois qu’on aurait pas compris…
  • Le yoga, c’est pas « vraiment » du sport. Ah.Ah.Ah. J’ai eu les mêmes remarques, encore, et encore, pour la danse et l’équitation, aussi. Personnellement ça me fait bien rire (mais pas trop fort parce que j’ai encore mal aux abdos à cause de ma séance de yoga d’hier. ) Plus sérieusement, on en reparle après une séance de Vinyasa… Il existe évidemment des types de yoga plus doux, ce ne veut pas dire que les muscles ne travaillent pas, mais on ne sort pas forcément du cours dégoulinant de sueur avec l’impression d’avoir couru un semi-marathon… Personnellement j’adore le Yoga Yin, qui privilégie le fait de tenir des postures pendant 3 à 10 minutes. C’est très méditatif, mais ça demande de bien connaître son corps pour profiter pleinement de chaque posture sans se faire mal, et à la fin d’une séance j’ai souvent l’impression de sortir d’un massage particulièrement intense.
  • C’est un peu un truc de hippies quand même… Bah oui, d’ailleurs en fait on fait pas vraiment du yoga pendant le cours on fume des joints en refaisant le monde…. bref, trève de plaisanterie. Certes, je suis végétarienne et je porte des sarouels quotidiennement… mais quand même. L’approche qu’on a du yoga (comme une simple activité physique, ou comme une discipline de laquelle on retirer plus ou moins d’enseignements psychiques et spirituels), de même que les conditions et la tenue dans lesquelles on le pratique sont vraiment propres à chacun et les cours auxquels je suis allée rassemblaient des personnes de tout âge et avec des personnalités et des attentes très variées.

Il y en a surement d’autres, mais ce sont celles qui m’ont le plus marquées. Et c’est vrai que si je m’étais arrêtée à mon expérience de cours « physiques » d’il y a deux ans, j’aurais sûrement donné raison aux deux premières…

Je me suis retrouvée dans une classe du soir « tous niveaux » en étant une des rares débutantes, les autres participants pratiquant déjà avec cette prof depuis plusieurs années. Difficile de ne pas se sentir un peu complexée en voyant le sexagénaire sur le tapis d’à côté adopter des postures super compliquées sans sourciller alors que m’asseoir en lotus me posait beaucoup de problèmes (en fait maintenant je sais que c’est une histoire de travail sur la cambrure du dos et sur les hanches mais à ce moment là ça me paraissait carrément injuste). Difficile aussi de démarrer avec une prof qui, aussi sympa et compétente soit-elle, montre toujours le niveau le plus « compliqué » d’une posture, sans proposer de modification ou d’alternative plus facile, car elle connaît bien la plupart de ses élèves et a l’habitude de travailler avec eux. Je suis souvent rentrée chez moi frustrée car j’avais l’impression que ce qu’on me proposait était inatteignable. Je me suis même blessée une ou deux fois car je forçais sur mes muscles plutôt que d’adopter une posture plus facile qui m’aurait permis de progresser en douceur.

Je ne savais pas qu’on pouvait utiliser des aides (blocs, coussins, sangles) pour travailler plus facilement sur certains muscles ou effectuer les exercices. J’ignorais complètement qu’il était possible de modifier les postures pour prendre en compte d’éventuels problèmes de dos, de genoux, et autre et ainsi éviter de se faire mal. Bref, j’ai abandonné après une dizaine de cours, persuadée que le yoga, c’était une discipline de psychorigides à articulations élastiques et que ça n’était pas pour moi.

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Et puis cette année je m’y suis remise, parce que j’avais vraiment envie de reprendre une activité physique, et que quand même, je me disais bien que si ça m’intéressait encore c’est qu’il y avait quelque chose à creuser. Sauf que les choses entre temps ont pas mal changé, notamment au niveau de mon boulot: maintenant je travaille surtout l’après-midi et le soir, et mes horaires varient toutes les semaines, donc pour trouver un cours de yoga le matin, en milieu d’année (la reprise du yoga était une de mes bonnes résolutions de janvier), avec possibilité d’être flexible si je devais travailler le matin le jour du cours… c’était un peu mission impossible. Ou alors c’était super cher. Ou bien c’était carrément loin de la maison, et je fais déjà assez d’heures de voiture par jour pour ne pas avoir envie de me rajouter un stress supplémentaire. Bref, j’avais beau tourner et retourner les choses dans ma tête, aucune solution impliquant d’aller assister à un cours « physique » ne me convenait.

En me baladant sur des blogs de yogi francophones et américains, j’ai trouvé de nombreuses ressources de cours vidéo : chaînes Youtube, sites gratuits et payants… La solution idéale pour mes horaires décalés et à géométrie variable, mon manque de moyens financiers et mon envie de pratiquer le yoga tôt le matin (généralement une demie-heure entre 6h30 et 7h30) sans avoir à prendre la voiture pour aller dans une salle. En plus, avoir accès à toutes ces vidéos m’a permis de « tester » plusieurs professeurs et surtout différents types de yoga, et d’apprendre ce que j’aimais, ce qui ne me tentait pas, et ce à quoi il faudra que je revienne plus tard. J’ai aussi appris à modifier les exercices en fonction de ma condition physique, de mes soucis de dos et de mes objectifs. Pour le moment je pratique principalement le Vinyasa, avec quelques séances de Hatha yoga quand je veux quelque chose de plus « tranquille » ou me concentrer sur quelques postures, et une séance de Yin toutes les deux semaines pour m’étirer et m’assouplir.

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Faire du yoga est devenu une habitude, et j’ai construit mon rituel matinal autour de cette activité et de mes exercices de méditation. Je pratique tous les jours (avec parfois une pause le dimanche si j’ai fait du sport en dehors du yoga pendant la semaine, ou si j’ai vraiment beaucoup de courbatures), souvent devant des vidéos (j’y reviendrai dans un autre article), même si j’essaie d’instaurer quelques séances de pratique personnelle. Au bout de huit mois de pratique quotidienne, les résultats deviennent de plus en plus visibles:

  • Je me sens plus équilibrée, mentalement et physiquement… ce qui tombe bien puisque c’est un des buts premiers du yoga ! Je ne ressens plus ces bouffées d’énergie, suivies de longues périodes de torpeur, très présentes pendant les quelques années où je n’ai pas fait de sport. Il m’arrive encore, bien sûr, d’être fatiguée, surtout pendant le fameux « coup de mou » du milieu d’après-midi, mais le reste du temps, je sens que mon énergie est mieux canalisée, et je suis plus efficace et productive. Autre aspect très chouette, je dors beaucoup mieux.
  • Je me suis remise à faire du sport… en dehors du yoga. Après avoir affronté une demie-heure d’exercice physique plus ou moins intense dès le réveil, la perspective d’aller marcher 20 minutes pour poster une lettre ou faire une course, ou encore de me rendre à la salle de sport ou à la piscine paraît tout de suite moins terrifiante, car je sais que j’en suis capable, et même, de plus en plus, puisque je gagne en muscle et en endurance. Me bouger n’est donc plus une corvée comme il y a quelques mois. C’est un cercle vertueux dont je profite au maximum après quelques années sans bouger de mon canapé.
  • J’ai appris à mieux me connaître, à accepter et à lâcher-prise. Et j’ai un meilleur souffle! Le yoga est une discipline où on se tourne vers l’intérieur, où on apprend à connaître ses limites et à ne pas s’auto-dénigrer parce qu’on n’arrive pas à faire tel ou tel exercice, ou parce que notre flexibilité actuelle ne nous permet pas de réaliser parfaitement telle posture. C’est aussi une discipline dans laquelle un micro-mouvement, un tout petit relâchement des muscles, peut faire toute la différence entre se blesser/détester un exercice, et tirer tous les bénéfices d’une posture. Il faut apprendre à ne pas se braquer, à faire la différence entre une sensation d’étirement et un réel inconfort, et à accepter que chaque séance, chaque posture sera différente en fonction du prof, du programme et surtout de l’état d’esprit dans lequel on est à l’instant précis. C’est à la fois un exercice d’humilité et d’acceptation que je conseille à toute personne anxieuse comme moi!
  • Je me suis musclée et assouplie… mais je n’ai pas perdu de poids! Tout est dans la phrase précédente. J’ai une meilleure posture, surtout au niveau du dos, je me suis gainée, par contre, si j’ai certes un peu perdu en masse graisseuse, ce qui est chouette, je n’ai par contre pas perdu de poids du fait de ma prise musculaire (et zut!). D’ailleurs mis à part dans certains programmes qui empruntent aussi au fitness ou au pilates, le yoga n’est pas une activité axée sur la perte de poids, même si sa pratique peut être un très bon complément à d’autres sports.
  • J’ai moins mal partout! Bon, je ne vais pas mentir, j’ai encore pas mal de courbatures à la fin de la semaine, même si je n’ai plus l’impression le matin que je n’arriverai jamais à sortir de mon lit. Par contre, toutes les petites douleurs du quotidien, mal au dos, au cou, aux genoux… ont diminué, et lorsqu’elles surviennent je connais maintenant les exercices et postures appropriées pour les soulager.
  • En faisant du yoga le matin, je me sens énergisée et concentrée pour le reste de la journée, et ça booste ma confiance en moi. Une belle phrase de pub qui fait rêver, non? Et pourtant, je pense que c’est valable pour de nombreuses formes d’activité physique. Il n’y a qu’à voir le nombre de personnes qui pratiquent le running dans ma rue à partir de 5h du matin ! Démarrer la journée de façon dynamique aide à se réveiller et à s’énergiser. Et puis ça lance la journée sur une touche positive « j’ai réussi à faire tel exercice, j’ai progressé sur tel aspect de ma pratique, maintenant je peux tout faire ». A noter que ce sentiment s’efface assez vite les jours où je dois faire ma compta, mais pour le 29 ou 30 autres jours du mois, ça reste tout à fait valable !
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Rho, mais non, boude pas!

Bien sûr, si j’en avais la possibilité financière et organisationnelle, j’aimerais vraiment suivre un cours de yoga ou un stage « en vrai ». Rien de mieux qu’un prof physiquement présent pour vérifier les alignements et donner des conseils personnalisés, en particulier pour débuter. Mais les ressources disponibles sur internet sont très riches et variées (malheureusement pour le moment je n’ai pas trouvé grand-chose en français), et permettent de tester de nombreuses approches différentes sans se ruiner. C’est donc de ça qu’on parlera dans les prochains articles !

Photos trouvées ici.

 

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14 réflexions sur « Marmott’asana : 8 mois de yoga »

  1. Du coup, le prénom de Padma Patil, ça veut dire « lotus », en fait! (oui, je me pose les vraies questions, moi, madame :P). Chouette article, qui me fait penser qu’il va falloir que je m’y remette maintenant que j’ai de la place et un vrai emploi du temps (le principal attrait de ce sport étant pour moi que tu peux le pratiquer de chez toi, sans avoir à entrer en contact avec d’autres représentants de l’espèce humaine… chacun ses motivations après tout xD).

    1. Merci 🙂 Ahaha je me doutais bien que tu tilterais là-dessus (potterhead un jour…^^) Nan mais j’avoue que c’est sympa de pouvoir se mettre dans des postures improbables sans personne pour te regarder, et pas te prendre la jambe de la voisine dans la tronche parce que tu as dévidé un millimètre de ton tapis, entre autre 😀

  2. Tu prêches une convaincue ! Je me suis mise au yoga en même temps que toi et j’ai bien accroché dans son format cours (mais j’ai trouvé un cours débutant (Yoga Iengar) à une heure adaptée à mon emploi du temps et à 5 minutes à pied de chez moi et je pense que ca joue beaucoup comme tu le notes !) J’attends de voir tes conseils de site, car quand je m’y mets chez moi, je manque d’idée d’enchainement des postures malgré un livre.

    1. Je n’ai jamais testé le yoga Iengar, mais ça me ferait surement du bien d’être un peu plus concentrée sur mes alignements, il faudrait que je regarde^^. J’hésites souvent à m’acheter des bouquins de yoga, mais je pense que j’ai vraiment besoin de voir le passage d’une posture à l’autre pour comprendre comment ça fonctionne, en photo souvent ça ne me parle pas du tout. Normalement je devrai présenter un premier site d’ici une semaine 🙂

  3. Super cet article, et très vrai ! Je ne fais pas de « vrai » cours de yoga mais un cours qui mixe yoga (vinyasa plutôt) et pilates, et en musique. C’est assez différent et en même temps je me retrouve totalement dans ton article. J’ai bien envie de m’essayer à une nouvelle routine avec des exercices le matin, du coup je suis carrément preneuse de tes conseils de site !!

    1. Héhé, merci ! J’aime bien faire du yoga avec de la musique de fond, par contre c’est plus de l’accompagnement que de la musique pour donner le rythme (je crois que je m’emmêlerais vite les pinceaux^^). Prochain article normalement prévu la semaine prochaine 🙂

  4. J’essayerai de ne pas louper tes articles sur l’internet, parce que je galère pas mal à m’y mettre à la maison, alors peut être qu’internet aiderait.
    Je commence ma 3e année avec un prof super coolos, pas de type de yoga particulier, le rythme de la séance est plutôt tranquille et adapté sur le vif à ce qu’on renvoie comme énergie. Comme toi j’ai noté une amélioration du souffle, une meilleure envie de bouger, un lâcher prise (que j’ai travaillé en parallèle de mes soucis de santé et d’emploi donc le yoga s’est inscrit dans un tout ^^).
    Par contre aucune souplesse, tous les vieux, les malades et les autres de mon cours sont plus souples que moi. Mais à 1h/semaine et occasionnellement le week end, je ne fais pas de miracle et ça force le lâcher prise sur la durée ^^
    Au fait, j’adore la petite grenouille yogi 😀

    1. Oui c’est sûr qu’avec 1h par semaine les progrès sont plus lents. Après pour tout ce qui est souplesse, il y a aussi une grande part d’acquis. J’ai passé mon temps à pratiquer des sports qui demandent de la souplesse (danse, voltige à cheval, arts martiaux…) et certes, j’ai progressé, mais je ne suis toujours pas vraiment flexible et je ne le serai surement jamais, donc j’ai un peu fait la paix avec cet aspect là et maintenant ça va mieux !

  5. Comme toi j’ai bien accroché à cette discipline. Trois ans de yoga, à raison d’une heure par semaine, en cours collectifs tous niveaux très détendus où tout s’adapte et chacun va à son rythme, et j’aime beaucoup. J’ai acquis une maitrise et une connaissance de mon corps et de mon esprit très précieux. Rien que par exemple ne penser à rien a été un vrai apprentissage! Et ça m’a beaucoup servi dans des moments un peu durs, comme des interventions médicales ou mon accouchement. Du coup je poursuis et à 7 mois de grossesse je soigne pas mal de petits bobos avec! J’y tiens beaucoup.

    1. Oui c’est vrai que ça peut servir dans des situations « extérieures » au yoga. Je reste persuadée que si mon cerveau de fille claustrophobe est resté plutôt calme pendant mon IRM (alors que j’en ai fait des cauchemars pendant une semaine après) c’est en partie grâce à ce que j’ai appris en yoga 🙂 C’est super que tu continues pendant ta grossesse, j’ai vu pas mal de choses pour les femmes enceintes et même pour après l’accouchement sur internet.

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